Des passionnés chez "truitepassion" aujourd'hui Emmanuel Grapin

Publié le par truitepassion.over-blog.com

 

Emmanuel Grapin, fou de pêche au Toc, amoureux de la Clarée, professeur des écoles, m'a donné un souvenir d'ouverture, afin de vous en faire bénéficier amis de ce blog.

Un grand merci à lui et bonne lecture.

Des passionnés chez "truitepassion" aujourd'hui Emmanuel Grapin
Des passionnés chez "truitepassion" aujourd'hui Emmanuel Grapin

Entre les ponts

 

Nous sommes en 2010, comme d’habitude depuis 30 ans j’irai pêcher l’après midi avec mon père sur une rivière calcaire de Côte d’Or mais ce matin je suis seul. Depuis deux ans la rivière de Dijon, l’ouche, n’est plus bassinée pour cause de PCB et les pêcheurs ont disparu. L’an dernier, j’y ai fait l’ouverture et à ma grande surprise j’ai pris deux farios correctes, ce qui est déjà exceptionnel en soit car je n’en avais pas vu depuis des années.

J’ai donc décidé d’y retourner cette année. Malheureusement il fait franchement froid, le vent du nord souffle et en plus je suis parti pêcher en vélo. Malgré tout, quand j’arrive vers 8 heures je suis content, car je suis encore tout seul sur ce parcours de quelques centaines de mètres. J’ai donc une bonne chance de voir une truite sauvage. Dès le premier coup de ligne, en début de courant, je ferre un poisson d’une trentaine de centimètres, GENIAL, une petite photo et je remets ce précieux poisson dans son élément. Je pêche ensuite un grand courant peuplé de barbeaux et de chevesnes mais aucun ne mord, ils sont congelés. Assez vite pourtant je prends une seconde truite identique à la première, puis plus rien. J’ai beau insisté au moins une demi- heure, je crois que j’ai pris les seules truites présentes ou les seules suicidaires. Je décide alors d’aller faire le coup suivant qui se trouve une centaine de mètres plus bas, un rapide profond juste avant une petite fosse.

Je me souviens y avoir fait une superbe arc de 50, il y a au moins 30 ans. Là, je fais quelques dérives en essayant de passer sous un arbre avant d’avoir une touche plein amont, je pense à une troisième truite ce qui serait mon record mais le ferrage m’apprend que c’est gros, donc un barbeau car je n’ai jamais pris de truite au dessus de 35 sur ce parcours. Le combat commence et je pense vite que c’est un super poisson mais au bout de quelques minutes je m’aperçois que je tiens un poisson phénoménal pour le coin, non seulement c’est une grosse truite mais en plus elle est très très belle.

INCROYABLE, un des plus beaux poissons de ma vie à 5 minutes de chez moi sur un parcours surpêché pendant des décennies, comment a-t-elle fait ?

Le combat va encore durer 5 minutes au moins, 5 minutes ou j’ai peur de perdre ce poisson incroyable car je ne suis qu’en 14, je n’ai pas d’épuisette et il n’y a pas d’endroit pour l’échouer…Finalement la chance me sourit et je réussis à attraper cette truite, je n’en reviens pas ! L’estimation de taille donnera 54 cm, ce qui à l’époque égal mon record mais en plus la robe et la morphologie sont magiques.

Je prends quelques photos et je remets ce fabuleux poisson à l’eau devant un promeneur très surpris lui aussi de voir ce poisson sauvage en pleine ville. La suite de la matinée ne donnera rien mais c’est sans importance, cette ouverture restera gravée dans ma mémoire. Aujourd’hui je ne peux plus aller faire l’ouverture entre les ponts car le bassinage a repris et la pêche ne redevient possible qu’en mai. Cependant les truites sont encore là, comme le témoigne un poisson de 45 pris cette fois ci à la fermeture.

 

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