Des passionnés chez "truitepassion" aujourd'hui Alphonse Arias .

Publié le par truitepassion.over-blog.com

Aujourd'hui les pages de ce blog, accueil les propos du poète du sud-ouest Alphonse Arias.

Je ne pourrais que vous proposer de vous délecter de la prose d'Alphonse.

Merci Alphonse.

Bonne lecture à vous tous.

 

Des passionnés chez "truitepassion" aujourd'hui Alphonse Arias .

La pleine lune éclaire de son mieux cette veille d’ouverture « Truite ». Emile, près de la vieille cheminée où rougeoient des braises sympathiques, est près à s’assoupir. Il est plus de minuit et le copieux repas traditionnel entre amis s’achève dans ma petite maison de campagne blottie au cœur d’un village béarnais…

Les dès sont jetés. Nous partirons une heure avant l’aube et les premiers coups de ligne seront lancés dans la grande plage du gave d’Aspe dominée par la scie géante et toute blanche de la montagne.

Nous pêchons déjà depuis plus de trois heures, avec l’onglée et frigorifiés malgré tous les vêtements qui nous enveloppent ! Pas une touche…

Je propose le casse-croûte un peu plus haut dans la vallée, à l’endroit même où deux magnifiques torrents marient leurs eaux de cristal. Un petit coin protégé du vent et bien exposé au soleil.

11 h 30. Je roule lentement sur la piste enneigée qui domine le grand gave.

Mon compagnon me fait part de sa déception du matin et m’avoue son manque de confiance pour les heures à venir. Pendant que nous mangeons, les pieds dans la neige ramollie par un soleil téméraire, il répète que l’eau de neige va s’écouler dans les deux torrents que nous comptons pêcher et que ce sera foutu !

Il choisit le gros ruisseau venant de la droite car il est plus ombragé, donc celui où la neige fondra le moins.

Après lui avoir recommandé la prudence, je m’engage sur celui de gauche et, effectivement, les gros galets émergeants coiffés d’un bonnet blanc laissent suinter des ruissellements d’eau…

J’assiste à une frénésie d’exception. Les truites longues et maigres mordent bien dans les petits courants ensoleillés près des berges et je suis au paradis, loin des fous à lier. Il y a les farios, la nature indomptée, les romances des cascatelles et le pêcheur ivre de belles images.

L’heure du retour a sonné et je me dirige vers la voiture. La neige, vierge à notre arrivée, a été piétinée comme si un commando était passé par là !

Emile est assis sur un rocher en se tenant le genou. Une entorse qui l’handicapera de longs mois… Il n’avait pas une touche et en voulant me rejoindre l’accident est arrivé !

Tout rentera dans l’ordre et, plus tard, ce souvenir s’en trouvera auréolé par le temps passé et, qui plus est, riche d’enseignements…

 

Alphonse Arias

 

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